Les pays du BRICS comptent partager leurs réserves

Voilà qui n’est pas rassurant pour la toute-puissance et la domination US qui vraisemblablement touche à sa fin, une fin que l’on risque de vivre comme une succession d’événements douloureux pour le monde entier car aucun empire dans l’histoire de l’humanité n’a accepté de disparaître sans combattre pour sa suprématie.

Charles SANNAT

MOSCOU, 4 juillet – RIA Novosti

Le gouvernement russe a adopté hier le projet d’accord visant à créer un fonds de stabilisation des réserves monétaires du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud (groupe des Brics), écrit vendredi le quotidien Kommersant.

Ce nouveau mécanisme dont le lancement devrait être annoncé le 15 juillet lors du sommet des BRICS au Brésil, a été conçu par ces pays comme une alternative aux crédits du Fonds monétaire international (FMI). La Russie investira 18 milliards de dollars sur un total de 100 milliards, permettant à Moscou d’emprunter la même somme en cas de fluctuations graves du rouble ou de manque de liquidités en dollars.

L’idée de créer ce fonds de réserve a été pour la première fois évoquée lors de la rencontre des pays du BRICS en marge du sommet du G20 à Los Cabos en 2012. La formation de ce mécanisme est considérée comme une alternative aux emprunts auprès des organisations financières internationales. Selon le projet de création du fonds, examiné hier par le gouvernement russe, les réserves en dollars des pays resteront dans leurs banques centrales mais, suite à la demande d’un pays, pourraient lui être transmises afin d’apaiser les fluctuations des marchés financiers et réduire le risque de fuite des capitaux.

D’après la note d’intention du décret gouvernemental concernant la signature de l’accord, ce fonds permettra de réagir aux “décisions peu prévisibles de la Réserve fédérale des États-Unis et de la Banque centrale européenne (BCE)”. Ainsi, selon Morgan Stanley, l’annonce par la Réserve fédérale de son intention de supprimer ses programment d’amortissement a réduit les réserves monétaires des pays émergents de 81 milliards de dollars. Ce fonds serait donc une sorte d’assurance contre un manque de liquidité en dollars. L’accord stipule que les pays sont en mesure de demander l’accès à ces ressources à n’importe quel moment, y compris comme une mesure préventive.

Selon l’accord, la Chine apportera la contribution la plus importante (41 milliards de dollars), alors que la Russie, le Brésil et l’Inde investiront chacun 18 milliards de dollars, les 5 milliards restants étant versés par l’Afrique du Sud. L’emprunt éventuel de la Russie sera égal à sa contribution, tandis que la Chine ne pourrait obtenir que la moitié de la somme investie. La condition principale d’octroi des fonds prévoit l’existence d’un accord effectif entre le pays-emprunteur et le FMI concernant un crédit (aucun pays du Brics n’en a pour le moment). Sinon, le volume maximal du crédit ne pourra pas dépasser 30 % de la contribution du pays, précise le document.
Il restera tout de même plus facile d’obtenir un crédit des Brics que du FMI, estime Sergueï Poukhov du Centre pour le développement. Selon lui, “le Brésil, la Russie et l’Inde reçoivent en réalité des garanties en se fondant sur les réserves chinoises, ce qui devrait apaiser l’appétit des spéculateurs qui misent sur l’affaiblissement des monnaies de ces pays”. Les décisions en matière d’octroi des crédits seront prises par un conseil d’administration regroupant les chefs des banques centrales ou les ministres des finances des pays du Brics. Le rôle de coordinateur appartiendra au pays-président du groupe (poste occupé en alternance). En cas de non-remboursement du crédit le mauvais payeur devra placer des obligations, étant “hors de la juridiction de l’emprunteur” et sera donc incapable de les restructurer ou de les annuler.
Les accords concernant la création du fonds de stabilisation et d’un autre mécanisme financier – la Banque de développement avec 50 milliards de dollars de fonds initiaux (10 milliards de chaque pays du Brics) – devraient être signés le 15 juillet lors du sommet du groupe au Brésil.

Source RIA-Novosti