Retour de Sarkozy, la chronique d’un fiasco annoncé

Je dois vous avouer que l’intervention sur France 2 de l’ancien président de la république Nicolas Sarkozy m’a laissé une impression d’une étrangeté extrême et c’est pour rester poli.

Une modestie totalement feinte, un recul illusoire, il ne croit pas à l’homme providentiel mais veut quand même se positionner comme tel, il se veut changé et très calme mais finalement s’énerve en tenant des propos d’une bêtise indigne d’un tel niveau comme sa sortie concernant le fait qu’il “fallait lui prêter deux neurones”…

Fidèle à lui-même et à sa dialectique (qui n’a en rien changé), il pose la question à laquelle il apporte lui-même la réponse évidente. Peut-il dire aux Français, alors que la France s’écroule, “je vous abandonne, je reste à la maison” ? Sa réponse est bien évidemment non. Il veut revenir s’occuper de nous.

En ce qui me concerne, ma position est sans ambiguïté. Notre président actuel ne dépasse guère le niveau d’un sous-préfet et encore un sous-préfet débutant, mais notre ancien président a eu sa chance. Il n’en a rien fait. Son bilan économique est désastreux et ses plans de relance, qui ont coûté 400 milliards d’euros de dettes supplémentaires à notre pays, sont désormais un fardeau. Il s’est “planté” tout seul, comme un grand, et il est le propre responsable de son échec (lui qui aime la notion de responsabilité, comme il le dit si bien, “dans son panthéon des valeurs”).

Il a donc eu sa chance et l’a laissé passer. Qu’il reste donc à la maison et qu’il ne pense pas que le peuple pense qu’on aimerait bien qu’il revienne s’occuper de nous. Non, non, Nicolas, surtout, ne te dérange pas, on va se débrouiller. La France ne manque pas de talent et le peuple souhaite laisser la place à quelqu’un qui saura, compte tenu de la situation de notre pays qui va s’aggraver dans les prochains mois, rassembler largement, qui ne devra pas “cliver” inutilement, qui saura rassembler, par delà les familles politiques, le plus grand nombre de nos concitoyens.

Celui à qui nous devrons confier le pouvoir devra se voir élu sur un grand programme qui bouleversera les équilibres sur lesquels nous vivons depuis des décennies et pour réussir cette transition nationale, il faudra une personnalité à l’intelligence incontestable, modéré, juste, pondéré, sage et rassembleur, et cette définition est en tout point l’opposé de la personnalité de Sarkozy.

Pire, le retour de Sarkozy va focaliser le débat sur un conflit droite-gauche et sur des personnalités, débat d’un autre temps qui permettra certes d’éluder les sujets qui fâchent mais qui vont justement servir la classe dirigeante et leur permettre de ne rien régler du tout et d’échapper encore un peu plus longtemps aux problèmes de fond qui, eux, pourrissent la vie quotidienne du peuple de France.

À noter tout de même un excellent passage sur le couple franco-allemand. Nicolas Sarkozy explique que demander au bon élève de la classe de bien moins travailler pour ne pas trop décourager les autres n’est pas sa conception de la grandeur de la France. Je suis totalement d’accord avec cette analyse. Pour ne pas tomber sous domination allemande, c’est à nous d’être forts.

Néanmoins, la personnalité même de Nicolas Sarkozy, son bilan, et ses failles personnelles le font aller vers un fiasco annoncé. Au suivant.

Charles SANNAT