« Œil pour œil et dent… pour dent !… »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Elle a la dent dure l’ex-première dame et applique à merveille le principe du œil pour œil et dent pour dent. Comme je le disais lorsque l’affaire des sans-dents a été révélée, il nous arrive à tous d’avoir des traits d’humour plus ou moins noirs en privé et heureusement que nos confidences sur l’oreiller, fussent-elles humoristiques, ne sont pas à chaque fois publiées et rendues publiques.

Il n’en demeure pas moins que notre président, déjà bien mal en point, se fait lamentablement achever par son ex-première concubine.

Ce qu’il ressort de tout cela c’est que Hollande n’est pas un grand homme, mais nous l’avions tous ou presque compris. Quant à l’ex, ce n’est pas non plus une grande dame car dans le climat actuel, la France, notre pays et son peuple, n’avait point besoin de voir son exécutif déjà sur les dents à ce point affaibli et ce quinquennat va très vraisemblablement très mal finir enfin, finir est un bien grand mot, puisqu’il pourrait bien se finir assez précipitamment et notre petit président normal se casser les dents sur la dure réalité.

N’imaginez pas que je participe à la curée avec cette histoire. Je trouve l’ex lamentable, profondément, manquant à un point inouï de la stature d’une première dame. Sacrifier les intérêts supérieurs de la nation pour des questions de basses vengeances médiatiques envers son copain de président, fut-il un goujat, révèle à quel point nous avons touché le fond avec cette clique.

J’ai toujours été plutôt bienveillant, non pas envers l’action du président mais envers l’homme que j’ai toujours trouvé sympathique. Pour tout vous dire, je trouvais l’autre, le précédent, tellement indigne de la fonction que comme beaucoup de Français je n’ai pas souhaité le reconduire. Il avait eu 5 ans, 5 ans pendant lesquels il s’était mal conduit, alors au suivant… Le problème c’est que le suivant nous fait regretter la durée de 5 ans d’un quinquennat. Dieu que c’est long.

Mais lui aussi est devenu indigne et très vite, trop vite. Je ne vous parlerai même pas de cette vidéo qui est une provocation et une incitation à cet édito au vitriol, où la députée de Corrèze fait visiter la « petite » chambre où François mangeait à peine à Tulle, une petit chambre même pas digne des HLM et dont personne ne voudrait pour conclure “voici la chambre d’un homme simple”… Je dirais même d’un homme simplet à la communication profondément pathétique. Il ne leur reste donc plus que cela ? C’est dramatique de voir notre pays à ce point abîmé par celui censé l’incarner.

La peur de la cristallisation…

Lors de la révolte des bonnets rouges, le gouvernement avait une trouille, une frousse terrible que l’ensemble des mécontentements se cristallisent. Mais cela n’eut pas lieu. Contre toute attente, au pays des sans-culottes, nous avons finalement comme la brioche et le pain de Marie-Antoinette une bien belle accroche pour une cristallisation tant redoutée du pouvoir.

Il faut dire que si nos amis de gôche pleins de bons sentiments cucul-gnangnan se mettent à avoir du mordant et du mépris digne du dernier libéral à l’égard de la France d’en bas sans dents, il est fort probable que bien qu’édenté le peuple excédé des sans-dents sortent les crocs. Et de vous à moi, cela ne serait que justice.

Une seule façon de s’en sortir pour le président avant qu’il ne se retrouve sans tête !

Pour la police politique de la pensée, je n’appelle pas les sans-dents à la dentition raccourcie à raccourcir la tête de notre autorité suprême. Il est déjà raccourci, laminé, oublié, honni, méprisé, et considéré à sa juste valeur par l’écrasante majorité du peuple, ce qui se voit lorsque l’on regarde sa cote d’impopularité qui nous promet de se rapprocher encore plus vite du zéro absolu. Inutile donc de tirer sur les ambulances. Je suis un garçon profondément pacifiste et je suis partisan de l’humour, fut-il quelque peu grivois parfois ou potache, souvent !

Mais j’ai une alternative de choix à proposer à Hollandouille. Même Marine Le Pen dans le dernier sondage Ifop des intentions de votes pour 2017 battrait mamamouchi premier au second tour, et pas que d’un peu. Lui qui voulait jouer la montée du FN pour jouer le Chirac de 2002 au second tour, il vient de se rendre compte que sa stratégie politicienne mortifère pour le pays se retourne contre lui et que la Marine prend carrément l’a-sans-dent sur lui (il n’y a aucun jeu de maux, bien évidemment).

Non, mamamouchi 1er a deux solutions qui s’offrent à lui. La première c’est la démission. Le chemin de l’honneur et du courage. Certains au café au comptoir avec Bernard n’hésitent pas à dire qu’il vaut mieux être sans-dents que sans-couilles… allusion à notre président qui pourtant semble bien profiter de ses bourses ces derniers mois alors que celles de son peuple ont une fâcheuse tendance à se vider sous la pression parfaitement amicale d’une fiscalité à la hausse.

Si mamamouchi 1er veut gagner un peu de temps, il peut la jouer grand seigneur. Il ne démissionne pas, mais pourrait par exemple prendre la parole. Expliquer qu’en France, en 2014, voir ses concitoyens pas en mesure de se payer des soins dentaires ce n’est pas possible et que désormais les choses vont changer, et que les « dents pour tous c’est maintenant » !

Voilà un beau slogan Monsieur le Président. Et comme vous semblez parfois devoir être quelque peu aiguillé sur le chemin de la compréhension, je vais vous expliquer pourquoi les pauvres sont sans-dents. Pourquoi les classes moyennes partent se faire poser des dentiers au Maroc ou en Hongrie et que seuls les riches se font refaire la mâchoire dans les cliniques du 16e…

Je vais vous parler d’un monsieur qui a 77 ans. Il est sans dents et pas qu’un peu. Il a servi son pays pendant des décennies comme fonctionnaire. Si vous faites un petit calcul, il est né en 1937. Il a connu, gamin, la guerre. La vraie. Les carences et la disette. Il habitait Tulles, une ville qui devrait vous dire quelque chose. Il a vu les pendus à sa fenêtre, les SS défoncer sa porte et prendre son père. Il a travaillé pendant plus de 40 ans. Il a toujours déclaré et payé ses impôts (pas comme votre très éphémère secrétaire d’État qui, lui, avait juste oublié de les déclarer, je rêve, mais qui faisait la morale à tous sur les bancs de l’Assemblée nationale, cf. vidéo ci-dessous. Vous pouvez vous pincer très fort pour y croire tellement c’est gros).

Mais aujourd’hui, à 77 ans, ce sans-dents n’a pas vraiment une bonne mutuelle vu qu’il n’est plus tout jeune. On lui propose bien de lui poser des bridges sur pivot ou autres joyeusetés de techniques dentaires mais pour cela on lui explique qu’il lui faudra deux ans de « travaux » (refaire les fondations de la mâchoire et tout le tremblement), le tout pour la modique somme de 11 000 euros… Alors à son âge, ce vieux sage aux yeux malicieux sourit et m’explique qu’il ne va pas dépenser 11 000 euros pour avoir un sourire « Colgate » alors que c’est la crise, qu’il ne sait pas de quoi demain sera fait et que, de toute façon, il aura au mieux 80 ans lorsqu’ils auront réussi à lui refaire le museau… Alors le plus simple c’est encore de manger du bon côté, celui où il y a encore quelques dents.

Alors quand les soins coûtent 11 000 euros et qu’ils ne sont pas remboursés par la Sécu, très mal par les mutuelles, que croyez-vous que les gens puissent faire ? Eh bien rien. Ils mangent du côté où ils peuvent. C’est la réalité dans votre pays Monsieur le Président, la réalité quotidienne de votre peuple.

Une dernière chose, Monsieur le Président, ce monsieur de 77 ans c’est mon père.

Alors je vais faire comme, je l’espère, quelques milliers de Français, je vais aller dans ma salle de bain. Je vais prendre la brosse à dents la plus dégueulasse que je vais trouver (et je m’excuse par avance auprès de nos amis du service courrier de l’Élysée) et je vais la mettre dans une enveloppe. J’y mettrai mon nom, mon prénom et mon adresse et je vais vous la poster ce week-end en geste de reconnaissance pour tous les sans-dents de notre beau pays et avec une pensée profondément émue pour le sourire édenté de mon père.

Veuillez agréer, Monsieur le très bientôt ex-président, l’expression de mes salutations les plus irrespectueuses.

Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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