Les prestations sociales représentent 32 % du PIB français ! Bien ou pas bien ?

Les choses ne sont jamais simples. Quand mon fils malade est sauvé par un “sale médecin fonctionnaire” à 4 h du matin qui me fait payer 25 euros, je me sens très socialiste, mais alors vraiment. Lorsque je reçois ma fiche d’impôts, évidemment, je suis nettement plus libéral, de même lorsque je dois m’acquitter de toutes les taxes. Nous sommes tous un peu schizophrènes sur ce type de sujet, ne le nions pas, soyons intellectuellement honnêtes. C’est comme les HLM, on est tous pour… chez les autres. C’est comme la sécurité, on en veut plus tant que cela ne nuit pas à ma liberté personnelle, celle de l’autre étant nettement moins importante !!

Alors oui, les prestations sociales représentent 32 % de notre PIB et cela rend complètement fou un économiste comme Christian Saint-Étienne, sauf qu’il y a un principe de réalité. La triste réalité qu’il ne veut pas entendre puisqu’il pense qu’il va y avoir tout plein de travail pour tout le monde et un avenir radieux pour tous, c’est qu’il n’y a déjà plus de boulot pour tous !! Et il s’agit de millions de nos concitoyens qui ne survivent que grâce aux prestations sociales.

Alors ne les oublions pas dans le débat car avec l’augmentation de la précarité de ces 20 dernières années, le fort d’aujourd’hui peut très vite, trop vite devenir un faible de demain et venir grossir les rangs des bénéficiaires des minimas sociaux.

Il y a encore 7 ans, je ne connaissais personne directement au RSA dans mon entourage proche. Aujourd’hui, ils sont 5.

Qu’il faille réformer l’assistanat est une évidence, lutter contre les gaspillages et les fraudes aussi, mais ne nous leurrons pas, cela ne changera rien aux dépenses et restera dans “l’épaisseur du trait”.

La véritable question que l’on doit collectivement se poser est “qu’est-ce qui relève de la solidarité nationale et qu’est-ce qui relève de la responsabilité personnelle ?”.

À mon sens, la notion de liberté est essentielle, et la liberté c’est la responsabilité personnelle. Nous sommes responsables de nos actes, de nos propos, de nos paroles, de nos conseils, de nos actions. Nous sommes responsables de nos choix ou de nos indécisions. À l’arrivée, nous sommes les responsables uniques de ce qui nous arrive de bien comme de mal… Mais il y a aussi des facteurs exogènes à nos choix comme la conjoncture économique que nous subissons.

L’un des grands sujets est donc d’amener les Français, nos concitoyens, à devenir responsables et à quitter la culture de l’assistanat dans laquelle nous avons tous été bercés, “biberonnés” à l’État-providence et pensant tous que “c’est pas cher, c’est l’État qui paye”, même le Président, et c’était exactement le sens des propos qu’il a prononcés lors de sa dernière allocution télévisée. Cela ne se fera pas en un jour.

On ne peut pas passer d’un État-providence à rien ou beaucoup moins rapidement sans déstabiliser notre peuple et sans prendre le risque d’une explosion sociale qui verrait s’y mêler toutes les haines et les rancœurs, tous les problèmes accumulés depuis des décennies et que la cécité de nos élites et de notre bien-pensance ne veut surtout pas voir. Cette explosion sociale tendrait, hélas, bien vite vers une forme de guerre civile larvée dans laquelle les modérés ne l’emportent jamais.

Alors ce sujet est à manier avec d’immenses précautions, une grande préparation des esprits et un art de l’exécution dans la mise en place d’une véritable transition autour d’un consensus national. C’est tellement illusoire de croire à cela qu’évidemment cela n’arrivera pas.

Ce qui arrivera, pour notre plus grand malheur à tous, ce sera une attaque des marchés qui, en panique, nous obligeront à faire trop vite ce que nous avons toujours refusé de faire même progressivement.

Au bout du compte et comme il n’y a plus de travail restera donc toujours la question… “que faire de nos pauvres sans travail ?” Et la réponse qu’aujourd’hui on nous propose c’est : rien. Rien. Rien.

Je refuse cet état de fait. Je ne peux pas accepter la baisse de la solidarité nationale et de la redistribution au moment même où nous allons en avoir le plus besoin. De la même façon, donner sans rien en retour n’est en aucun cas une solution saine. À mon sens, il ne devrait pas y avoir de RSA sans un travail correspondant au moins pour quelques heures par semaine. Cela montrerait également rapidement qu’il n’y a pas autant de RSA de “confort” que ce que certains pensent.

Il y a une profonde misère dans notre pays, et la compassion ainsi que la bienveillance sont des sentiments qui ont quitté nos élites. Nous voyons le résultat.

Charles SANNAT

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