La visite très opportune du PDG de Gazprom en Grèce !!

J’évoquais hier sur le plateau d’Écorama l’une des stratégies possibles de la Grèce, à savoir s’allier en partie avec Moscou en échange d’une aide financière, car dans les discussions avec Gazprom, le chiffre qui circule est de 5 milliards d’euros. Pendant ce temps, le pouvoir grec ferait les poches de toutes les administrations publiques. Les Grecs seraient donc en mesure d’honorer leurs échéances financières prochaines et ne seraient pas en défaut de paiement.

À moins qu’ils ne considèrent qu’il serait économiquement plus sain de répudier la dette, de rester dans l’euro, car rien n’oblige la Grèce, même en défaut de paiement, à sortir de l’euro puisque l’euro, on nous le répète assez, est une “autoroute sans sortie”, et ce raisonnement est valable aussi bien pour un pays qui ne fait pas faillite que pour un pays faisant faillite.

Avec une aide russe et une dizaine de milliards devant eux et sans dette à payer, les Grecs pourraient bien réussir à s’en sortir… Surtout en gardant l’euro, et ce serait un véritable coup de pied de l’âne !

Ce qui est certain, comme le montre cet article du Figaro, c’est qu’en coulisse, les choses bougent mais pour le moment, toutes les parties gardent les tractations secrètes.

Charles SANNAT

“Le patron du géant gazier doit rencontrer ce mardi Alexis Tsipras pour «discuter de questions énergétiques». Des rumeurs font état d’un accord entre les deux pays pour la construction d’un gazoduc, qui permettrait à la Grèce d’obtenir des liquidités bienvenues.

La solution grecque passera-t-elle par la Russie ? Le patron du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller, rencontre ce mardi à Athènes le Premier ministre Alexis Tsipras pour discuter de «questions énergétiques», a indiqué lundi le ministère grec de l’Environnement et de l’Énergie. Cette visite intervient sur fond de rumeurs évoquant un projet d’accord entre Athènes et Moscou, couplé au versement d’une avance sur recettes, pour l’extension à la Grèce du projet de gazoduc «Turkish stream». Une manne financière qui serait bienvenue pour Athènes, toujours prise à la gorge par les remboursements successifs de ses prêts. Samedi, une source gouvernementale grecque avait indiqué à l’AFP qu’«un accord sur la construction du gazoduc sera signé mardi à Athènes avec une délégation russe de haut rang». Une annonce démentie par le Kremlin.
Le communiqué du ministère de l’Énergie de lundi ne fait pas allusion à ce dossier, annonçant laconiquement la visite mardi du patron de l’entreprise publique russe Alexeï Miller qui doit rencontrer le ministre de l’Environnement Panagiotis Lafazanis puis le Premier ministre grec. «Nous avons plusieurs questions énergétiques différentes à aborder comme le gazoduc mais aussi le prix du gaz», a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère, sans confirmer la signature d’un quelconque accord.

Une compensation du projet South Stream

Gazprom a l’ambition de construire un nouveau gazoduc à destination de la frontière gréco-turque, qui doit compenser l’abandon du projet South Stream vers l’Union européenne, mais la Turquie et la Russie n’ont pas encore signé d’accord définitif sur ce projet. La Grèce s’est déclarée d’ores et déjà intéressée par une prolongation de ce tuyau sur son territoire. Lors de la récente visite à Moscou d’Alexis Tsipras, le gouvernement grec avait fait allusion à la possibilité de ce financement russe du projet de gazoduc. Mais l’expansion du géant russe pourrait être freinée par l’Union européenne, qui a engagé une procédure contre lui pour abus de position dominante.

Gazprom pourrait donc trouver dans la Grèce une alliée de circonstances contre l’Europe. Athènes est à court d’argent en raison du piétinement des négociations avec ses créanciers (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), sur le versement d’une dernière tranche dans le cadre du plan d’assistance internationale dont elle bénéficie, d’un montant de 7,2 milliards d’euros. Aucune aide financière n’avait été demandée par Athènes lors de la récente visite d’Alexis Tsipras à Moscou, avait assuré le président russe Vladimir Poutine.”

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