À propos du mythe de la surpopulation de la Terre

C’est un point de vue assez surprenant et pourtant digne d’intérêt. Alors je le publie et le reprends à titre d’information pour le plus grand nombre.

Charles SANNAT

“J’ai regardé il y a peu l’intervention de Igor Ivanovitch Beloborodov, conseiller du directeur du RISI, l’Institut russe de recherches stratégiques. Une intervention consacrée à la démystification du mythe de la surpopulation de notre planète. Je me joins à la thèse selon laquelle ce « problème global » est quelque peu mal présenté et éclairé. Mais avant tout un peu d’histoire.

Il existe un point de vue selon lequel la population croît trop rapidement et épuisera toutes les ressources de la planète. En conséquence de quoi, il faut freiner cette croissance, on appellera cela « l’alarmisme démographique ». Certains sociologues considèrent que l’on peut qualifier d’alarmisme n’importe quel recueil de textes dénonçant une mauvaise situation démographique dans n’importe quelle région du monde, indépendamment du fait qu’il y ait menace de surpopulation ou, au contraire, une tendance à la dépopulation. Si l’on suit cette approche, il n’y a pas de différence entre d’une part le démographe français du XIXe Dumont, qui affirmait que du fait de ce que la France perd son rythme d’augmentation de la population, elle serait dépassée par la croissance démographique de l’Allemagne, et d’autre part le britannique Dennis L. Meadows, qui évoque le danger d’une augmentation incontrôlée de la population humaine.

L’un et l’autre relèvent de la frange « alarmiste ». Nous utiliserons le terme « alarmisme démographique » à l’égard de ces derniers points de vue, car selon nous, un large public et de nombreux spécialistes s’y associent.

Thomas Malthus est considéré comme le plus célèbre « démographe alarmiste », avec son ouvrage dénommé « de la loi de la population humaine ou énoncé des effets passés et présents de cette loi sur le bien-être de l’espèce humaine, accompagné de quelques recherches sur l’espoir d’en écarter ou d’en amoindrir les effets maléfiques {qu’il occasionne}».

C’est lui, Malthus, qui en 1798 émit cette thèse et la mit en débat, à savoir que la population croît trop rapidement en regard de ses possibilités de produire la nourriture en suffisance ; qu’en conséquence se multiplieront les catastrophes (épidémies, faim, guerres). Et que donc le seul moyen d’éviter ces catastrophes est de contrôler la croissance de population sur la planète. Ultérieurement ses idées furent reprises par Denis Meadows. En 1972, à la demande du Club de Rome, il tint la conférence « les limites de la croissance », où il énonça ce que l’on appelle les problèmes globaux (surpopulation, intensification de l’écart entre pays développés et émergents, soit le problème Nord-Sud, etc.). Notre conférencier certifiait que l’humanité consomme tant de ressources qu’il est impératif d’en limiter la consommation, et ceci en limitant la population humaine. Et de ce fait proposait aux gouvernements nationaux de mener une politique démographique, en vue de maintenir le niveau de population à un niveau donné, et de procéder à ce que l’on appelle un développement durable.

Ensuite Meadows publia le livre Limits to Growth: The 30-Year Update, dans lequel il affirme que l’humanité a déjà dépassé les limites de la croissance, et qu’il faut rapidement se limiter sous peine de consommer définitivement toutes les ressources.

Sur fond de ces exposés, livres et films, la société impose l’idée que les pays les plus pauvres étant hors de contrôle (il serait intéressant de définir qui doit les contrôler…), ils augmentent leur population et sous peu avaleront tous les bienfaits des pays développés ; pour cette raison il faut accepter le « concept du milliard-étalon » (thèse selon laquelle, pour faire bref, la Terre pourrait contenir confortablement un milliard d’individus.) Ceci en vue de préserver le niveau de consommation de ce ‘milliard-étalon’ (par lequel on sous-entend la population des pays développés).

Ici nous allons tenter de nous intéresser au problème de surpopulation, qui nous semble exagéré comme évoqué en début d’article. Le fait est que selon les calculs de l’ONU, organisation vous l’admettrez, respectable, le coefficient global moyen de natalité est de 2.4 ; c’est à dire que chaque femme, en moyenne dans le monde, dans sa génération, ne mettra au monde que maximum 2.4 enfant. Bien sûr lorsque nous précisons ‘dans sa génération’, nous émettons une hypothèse, car nul ne peut garantir que dans une génération quelconque ne croîtra ou ne s’effondrera brusquement la natalité (que ce soit le fait d’une catastrophe ou d’une brutale amélioration des conditions de vie).

Nous avons donc un coefficient établi sur base de taux moyen de naissance de la génération précédente, et sur base de statistiques reçues de la situation actuelle, on projette la natalité des générations à venir.

Et voilà, sur notre planète Terre, sur les 50 dernières années, le taux de natalité a été divisé par deux (soit de 4 à 2.36, à peu près le taux de remplacement générationnel), que l’on joint avec la transition démographique globale (diminution des taux de natalité et de mortalité). Si cette tendance à la diminution du taux de natalité devait se poursuivre, alors nous aurions une dépopulation plutôt qu’une surpopulation.

Pour ce qui est de ‘milliard-étalon’ : lui (c’est-à-dire la population des pays développés) consomme une grande partie des ressources minérales (non renouvelables, ou difficilement renouvelables). Voici ce qu’écrit à ce sujet Sergei Ivanov, du département économique et social au secrétariat de l’ONU : Les liens entre écologie et démographie furent particulièrement évoqués dans les années 1970-1990 dans la presse de Grande-Bretagne, USA et France. Des pays où la problématique globale de l’écologie est particulièrement populaire, à un moment où la natalité est relativement élevée. Le souhait de réduire la natalité dans les pays émergents du Sud provient de la représentation d’une croissance rapide de la natalité comme élément majeur d’une pression croissante sur les structures globales de l’écologie. C’est pourquoi ces articles mettent en évidence les effets écologiques positifs d’une natalité réduite, et ces textes orientés sur les pays développés. Dans le paradigme des droits égaux, il est difficile de concilier des appels à la réduction au Sud, à l’augmentation au Nord. C’est encore plus compliqué si l’on se réfère au paradigme de l’équilibre global, parce que la croissance de population au Nord à un lourd coût écologique en regard d’une semblable croissance au Sud.

De ce fait, nous n’avons pas un problème de croissance, mais bien un problème d’épuisement des ressources si l’on conserve l’actuel niveau de consommation, d’épuisement parfaitement plausible car le « milliard-étalon » s’en accommode. Et les populations des pays pauvres (dont ceux dont la natalité et la mortalité sont élevées) ne consomment que fort peu de ressources minérales (et de ce fait n’augmentent pas la pression écologique)

En d’autres termes, les propositions de diminuer la pression écologique sur la planète, dont celle de diminuer la population, n’ont pas pour but de réduire cette pression, mais de réduire la croissance économique des pays émergents (par exemple en imposant aux pays africains le protocole de Kyoto).

À notre avis, le problème est dans le modèle de la société de consommation, et de ce que l’on appelle « la culture de consommation ». Si le reste de population, les 6 milliards, consommera autant que le septième ‘milliard-étalon’ (en moyenne par personne), alors oui, la planète ne s’en sortira pas. Peut-être bien que la lutte écologique ne passe pas par la réduction de consommation des 6 milliards, mais par la limitation de la consommation du septième milliard ?

Gennady Barsoukov, RVS.”

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