Hollande et Merkel à Moscou : un signal positif, point sur la situation en Ukraine

La visite à Moscou du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel prévue vendredi doit leur permettre d’évoquer avec le président russe Vladimir Poutine le règlement de la situation en Ukraine. Les experts y voient un signal positif.

Hollande et Merkel se rendront à Kiev et à Moscou

La reprise des opérations militaires dans l’est de l’Ukraine enfreint les plans de pratiquement tous les acteurs impliqués dans ce dossier. Il est évident que les accords de Minsk n’ont pas fonctionné et qu’il est nécessaire de prendre des mesures pour la désescalade du conflit. Or cette question est indissociable d’une baisse de la tension dans les relations entre la Russie et les pays d’Europe et les USA, estime Nikolaï Kavechnikov, expert du Conseil russe pour les affaires internationales.
Il est persuadé que la visite de ces politiciens européens de premier plan à Kiev et à Moscou est un bon signal. « Cela signifie que les Européens sont prêts à adopter une position de médiateurs, mais il est très difficile de prédire dans quelle mesure cette mission sera une réussite », estime l’expert.

L’UE salue les visites de Merkel et Hollande à Kiev et Moscou

Selon Nikolaï Kavechnikov, l’entretien portera sur le « sort des accords de Minsk ou l’éventualité de les réformer, la possibilité de faire pression sur Kiev et sur les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk autoproclamées pour les forcer à remplir les termes de l’entente, la cessation des opérations militaires et le retrait des armements lourds de la ligne de contact et la définition même de la ligne de contact ».
« Ces questions sont également associées au sort des relations russo-européennes. Et pas seulement du point de vue d’un assouplissement des sanctions mais aussi de l’évolution stratégique des relations à court terme », déclare-t-il.

Une issue imprévisible

Hollande : l’option de la diplomatie en Ukraine ne peut être prolongée indéfiniment

De son côté, Bogdan Bezpalko, directeur adjoint du Centre des études ukrainiennes et biélorusses à l’Université d’État Lomonossov de Moscou, estime que les « efforts entrepris par les Allemands et les Français sont parfaitement transparents – il s’agit d’empêcher l’anéantissement de Debaltsevo ».
« Cela explique parfaitement l’hystérie de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, qui a exigé de conclure immédiatement une trêve et de libérer les soldats de l’armée ukrainienne », affirme l’expert.

Debaltsevo : des civils évacués de la ville bombardée

La ville de Debaltsevo se trouve dans l’est de la région de Donetsk, où sont concentrées d’importantes forces ukrainiennes — entre 8 et 10 000 hommes selon les sources. Cette ville fait partie des points les plus chauds de la confrontation entre l’armée et les insurgés dans le Donbass.

L’expert doute que les entretiens futurs puissent déboucher sur la paix ou un statut acceptable pour le Donbass.

Trêve illusoire : situation dans le Donbass

« Ce ne sont que des manœuvres tactiques visant à redresser la situation provoquée par une puissante contre-offensive des insurgés », prédit Bogdan Bezpalko. Il suppose qu’on montrera une « forte aspiration à la paix, à la médiation, à la préservation de la vie, mais de facto il s’agira simplement d’une pression sur les insurgés par le biais de Moscou ».
Les autorités ukrainiennes ont lancé en avril 2014 une opération militaire dans le Donbass contre les habitants de la région révoltés par le coup d’État de février 2014. Selon les dernières informations de l’Onu, ce conflit a déjà fait plus de 5 300 victimes civiles. Depuis le 9 janvier l’intensité des bombardements sur la région a augmenté, de même que le nombre de victimes.

Source Sputnik ici

 

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